Lesabotblog | 08 Juin, 2011 21:42
Quelques grands principes pour ce journal.
Un outil de liaison locale.
Contre l’idée qu’il faudrait attendre des conditions plus favorables pour des luttes inter ou extra catégorielles, que « les gens » ne seraient « pas assez conscientisés » pour cela, nous partons au contraire de l’idée qu’il importe ici et maintenant de penser ces espaces de liaison et leurs modalités car ceux-ci sont susceptibles d’apporter de par leur tangibilité, outre leur aide matérielle et activiste, un soutien subjectif et idéologique considérable aux luttes en cours ou à venir.
(Suite)Lesabotblog | 05 Juin, 2011 13:39
L'école Léon Grimault, située à la limite des quartiers Blosne, Hautes-Ourmes et Poterie, est une école publique1 créée en 1973 avec le soutien de la ville de Rennes et de l’Inspection Académique de l’époque et travaillant en pédagogie Freinet dès l'origine. Elle regroupe 7 enseignants pour 175 à 180 enfants. La direction de l'école se fait sur un mode coopératif et collégial, à raison d'une réunion hebdomadaire. L'école est composée de 2/3 d'enfants des quartiers alentour à dominante populaire et de 1/3 d'enfants issus d'autres quartiers dont les parents ont fait un choix pédagogique.
Célestin
Freinet (1896-1966) a impulsé depuis 1920 jusqu'à sa mort un
mouvement de contestation de l'école traditionnelle, fondée sur la
" scolastique ", c'est-à-dire la transmission
forcée d'un savoir mort, coupé de la vie, des milieux naturels et
des mondes populaires. Il leur a opposé une pédagogie de la
coopération, une " école du peuple " militant
pour la transformation de l'école publique. Son ouvrage le plus
célèbre est L'éducation du travail (1947). En 1991, les
écoles Freinet, financées par les communes, sont officiellement
reconnues écoles publiques d'Etat. L’Institut Coopératif de
l’Ecole Moderne (ICEM)-Pédagogie Freinet compte aujourd'hui en
France
600 adhérents et 2 à 3 000
enseignants qui se revendiquent de la pédagogie Freinet. Il vient
récemment de créer un laboratoire de recherche pour revisiter et
rénover les principes fondamentaux du mouvement.
Pour le Sabot, L.Z. et L.C. ; les enseignants, Pierrick Descottes (P) également directeur de l'école et Thierry Pérou (T)
L.C. Qu'est ce qui apparente l'école Freinet au courant coopératif ?
1A la différence des écoles Montessori et Steiner qui sont des écoles privées.
Lesabotblog | 04 Juin, 2011 12:54
Nous avons rencontré, non loin de la commune de Notre-Dame-des-Landes, là où doit se construire le nouvel aéroport de Nantes, Denise et Paul Blineau. Tous deux paysans à la retraite, ils sont investis depuis des années dans l'opposition au projet d'aéroport. Ils nous parlent des débuts de la lutte, de la victoire arrachée au Carnet contre l'installation de la centrale, de la modernisation agricole, de la structuration de l'opposition aujourd'hui et de ceux et celles qui tentent de renouveler les moyens d'action en procédant à l'occupation des terres ou des maisons situées sur la zone dédiée à l'aéroport.
Cet entretien a été réalisé au cours de deux rencontres en décembre 2009 et janvier 2010. Seuls des extraits sont retranscrits ici.
Lesabotblog | 03 Juin, 2011 13:36
Avant-propos : sale temps pour la liaison…
Je voudrais ici tenter d’approfondir l’un des présupposés principal du Sabot, à savoir que d’une façon ou d’une autre, les événements politiques véritables supposent la rencontre entre des gens qui, dans la vie sociale ordinaire, ne se rencontrent pas. Qui sont aujourd’hui ces « gens » et pourquoi est-il si important qu’ils se rencontrent ? Sur quelles bases une rencontre peut-elle avoir lieu entre des gens apparemment aussi différents qu’une étudiante de Rennes 2, un infirmier du CHU Pontchaillou, un chomêur habitant Cleunay, un travailleur sans-papiers à Montfort-sur-Meu, ou une jeune de Maurepas, salariée à mi-temps à l’Intermarché des Longchamps ? Et comment pratiquement une telle jonction pourrait se matérialiser ? Autant de questions qui ne cessent de préoccuper ceux qui tentent depuis quelques années de décloisonner les luttes les unes des autres, et qui par là cherchent à brouiller autant que possible les identités « socioprofessionnelles ».
Ce qui est troublant à l’issue des luttes de l’hiver-printemps 2009, c’est l’incapacité générale à tirer un bilan sérieux de cette séquence. Tout le monde ne peut évidemment qu’établir un constat d’échec, mais encore faut-il se mettre d’accord sur ce qui a échoué. Avec optimisme, je pense que nombre de ceux qui participent aux luttes de ces dernières années ont pris leur distance avec la stratégie corporatiste (que ce soit d’un point de vue éthico-politique ou simplement par souci d’efficacité militante). Nombreux sont ceux aujourd’hui prêts à crier comme en 1995 « tous ensemble ». Mais la difficulté réside dans le contenu de ce « tous ensemble ». Malheureusement cet énoncé n’est pas performatif : il ne suffit pas de le proclamer pour qu’il se réalise. Pour cela, il faut plus : de la liaison et des énoncés politiques. Et c’est justement là que le bât blesse.
Les forces populaires d’aujourd’hui
(Suite)Lesabotblog | 01 Juin, 2011 12:42
Lesabotblog | 31 Mai, 2011 12:37
Lesabotblog | 30 Mai, 2011 12:29
Lesabotblog | 29 Mai, 2011 19:26
Lesabotblog | 21 Mai, 2011 13:42
Depuis 2003 et la grève universitaire contre la mise en place de la réforme LMD, certains des rédacteurs du Sabot ont régulièrement pris part aux mouvements étudiants qui secouent périodiquement les universités rennaises, et ont cherché, avec les acteurs de ces luttes, à insister sur l’insuffisance d’une approche réactive des contre-réformes libérales, vouée à laisser hors du champ de la critique le fonctionnement présent des institutions d’enseignement et à occulter leur échec en matière d’émancipation intellectuelle, sociale et politique. Il s’agissait alors d’inventer au sein du mouvement des dispositifs collectifs d’élaboration et de partage des savoirs : expérimentation qui s’est traduite par la constitution de l’éphémère université alternative de « Rennes Troie » lors de la grève contre la LRU au printemps 2009.
Aujourd’hui que l'Éducation Nationale fait globalement l’épreuve d’attaques sans précédent, que les enseignants refusant d’appliquer les directives gouvernementales sont sanctionnés sans vergogne, que les ouvrages et les faits divers mettant en lumière le caractère pathogène du système scolaire se multiplient, il est plus que temps de reconstruire une position politique sur l'École capable de dessiner les contours d’un futur désirable. L’intervention dans les luttes doit donc être en mesure de se prononcer quant à ce que peut signifier dès maintenant l’émancipation dans le cadre de la relation d’enseignement, à tous les niveaux de la scolarité. Dans cet esprit, l’association d’éducation populaire Calypso (calypsorennes2010@gmail.com), en liaison avec le Sabot et la Cantine populaire, se veut un espace de recherche, de rencontre et d’expérimentation de dispositifs d’enseignement mutuel soucieux d’articuler réflexion pédagogique et réflexion politique. Cet article présente quelques unes de ses hypothèses de travail.
(Suite)Lesabotblog | 21 Mai, 2011 13:28
L'omniprésence de la « question » écologique ne fait maintenant plus de doute. D'une part, les données écologiques prennent une place centrale dans un « système-monde » en perpétuelle mutation et d'autre part, l'incapacité des états à établir des accords mondiaux sur les émissions de gaz à effets de serre marque un réel échec pour le capitalisme.
Cette incapacité chronique confirme qu'il n'y a rien à attendre d'une conversion verte du capitalisme, celle-ci signifiant généralement une accentuation des inégalités sociales et un écrasement de toutes expressions populaires, elle confirme également que l'écologie n'est pas l'apanage des nouveaux entrepreneurs de l'économie verte et des apprentis sorciers de la gestion écologique mondiale. Une autre idée de l'écologie persiste, une idée démocratique : l'écologie comme art de faire attention, née à la fois dans le mouvement écologiste et dans les expérimentations de pratiques alternatives, mais aussi de ceux qui dans certaines luttes s'emparent de cette question alors qu'ils sont jugés a priori incompétents dans ce domaine.
L'écologie au cœur des mutations du capitalisme
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